Retour sur notre méthode : pourquoi des « coups de sonde »?

Notre équipe a choisi de réaliser quelques « coups de sonde » préalables à l’animation des ateliers de travail avec les partenaires de la démarche. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Tout d’abord, c’est une méthode active de découverte du territoire : difficile de tenir un propos sur des lieux sans les connaître. Discuter, observer et photographier des lieux et ceux qui les fréquentent sont d’utiles moyens de connaissance.

Mais au-delà de cette découverte, cette méthode se révèle féconde pour la démarche collective. Elle permet de s’éloigner de l’individu « moyen » qui, nous le savons bien, n’existe que dans les statistiques. Pour les territoires périurbains, quelle est cette figure « moyenne » ? C’est le couple, avec enfants, qui rembourse son logement tout en travaillant dans le centre-ville. Nous en avons rencontré bien sûr … mais comment les résumer à ces seules caractéristiques qui nous disent peu de leur manière de vivre le territoire ? Par ailleurs, nous avons aussi rencontré des retraités, des couples sans enfants, des couples divorcées, des salariés qui ne travaillent pas dans la ville voisine, des adolescents, des célibataires, des veuves, des adultes en colocation,…

Bref, les coups de sonde sont là pour nous rappeler la diversité des visages, des aspirations et des parcours des habitants. Nous avons donc fait notre le projet du sociologue Pierre Rosanvallon de « raconter la vie ». Dans une société où les statistiques sont si développées et où les rapports administratifs et techniques sont utilement nombreux, n’est-ce pas l’observation attentive et empathique des propos de nos contemporains qui permet aussi de révéler, de manière concrète, notre manière de vivre ensemble ?

Quelle méthode pour sélectionner ces paroles? L’espace périurbain ne manque pas d’études sociologiques poussée ni d’investigations approfondies (voir les ressources du Lab périurbain). Nous nous sommes appuyés sur les résultats de ces travaux, pour chercher quelques figures qui les confirment ou, au contraire, conduisent, par petites touches, à les reconsidérer. Notre méthode est donc celle d’une « dérive raisonnée ». Dérive car les rencontres sont toujours le fruit d’un hasard. Raisonnée car notre méthode s’appuie sur une solide appropriation préalable d’un large corpus d’études et de recherches sur les dynamiques sociales des espaces périurbains.

Que retenir de tous ces coups de sonde ? Disons-le tout net : nous gardons quelques analyses pour mettre en perspective les échanges des ateliers à venir. Et puis, n’est-ce pas à vous, chers lecteurs, de réagir sur les paroles recueillies, de nous proposer les informations essentielles à retenir ? Ces quelques coups de sonde confirment-ils vos sentiments ou vos idées ? Serez-vous, comme nous, surpris par les pratiques de l’espace public qu’ils révèlent et l’imaginaire territorial qu’ils expriment ? N’hésitez pas à réagir ici !

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